Plus noire est la mûre de Wallace Thurman

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QUATRIÈME DE COUVERTURE :
"Le drame de sa vie, c'était d'être trop noire " : de son Idaho natal à la légendaire Harlem, en passant par Los Angeles, le périple d'Emma Lou est celui d'une soeur noire d'Emma Bovary. Forte d'une bouleversante liberté sexuelle, elle doit néanmoins apprendre que la seule façon de construire sa vie est d'opérer une plongée en elle-même, plutôt que de se résoudre aux injonctions que la société lui impose. Dans la perspective d'une identité afro-américaine en pleine construction, Emma Lou incarne ainsi superbement la possibilité d'un destin individuel audacieux et captivant. Traduit en francais pour la premiere fois, ce roman percutant de 1929 fut le premier à s'attaquer aux préjugés sur la couleur de peau, à l'intérieur même de la race. Il devint ainsi l'un des plus lus et des plus controversés de son temps.

  • Broché: 220 pages
  • Editeur : La Cheminante
  • Collection : Harlem Renaissance
  • Date de sortie : 16 mars 2017
Prix :  20.00 euros
*Service de presse 


MON AVIS :

J'ai commencé cette lecture en espérant passer un bon moment avec l'héroïne, Emma Lou, jeune fille noire repoussée par sa famille à cause de sa couleur de peau très, très foncée. Nous allons donc la suivre dans les années 20, bien après la traite négrière, mais toujours dans une époque très dure pour les noirs, en Amérique, où il était mieux d'être noir à la peau claire pour être "Accepté" que noir à la peau sombre, en plus d'être une fille.
Je préfère vous le dire tout de suite, j'ai arrêté ma lecture à la moitié du livre. Pourquoi ? Tout simplement parce que j'en ai eu marre de lire à toutes les lignes le complexe de cette fille envers sa couleur de peau. Oui, il est clair, il est beau, il a le nez fin et droit, pas comme moi avec ma peau sombre, mon nez épaté ... A un moment donné, c'était trop pour moi.
Moi, je suis une femme noire et sincèrement, je ne me suis jamais attardée sur la couleur de peau d'autrui et encore moins chez les noirs. Comme si l'autre avait plus de valeur que moi sous prétexte qu'il soit plus clair. Pff ! Absurde ! Alors, j'ai découvert  énormément de préjugés, de mépris dans ce livre, beaucoup de honte envers soi-même et j'en passe. Je peux tout à fait comprendre ce complexe d’infériorité qui remonte à très loin, au temps de l'esclavage, quand les maîtres blancs faisaient énormément de préférences par rapport à la couleur des esclaves, surtout chez les femmes ;  plus tu étais clair plus tu avais la chance de ne pas travailler dans les champs et sûrement plus de privilèges. Comment leur en vouloir ??  Mais, du coup, cela a suscité beaucoup de jalousies chez les autres esclaves et,  au fil de ma lecture, cela m'a réellement épuisé et fait grogner jusqu'à la moitié du roman de ressentir le mal-être de cette jeune fille.

Je n'ai pas aimé découvrir cela dans ce livre car ce complexe existe réellement chez beaucoup de noirs et même dans mon entourage ;  certains sont encore dans cette optique là : mieux vaut être clair voire métisse pour réussir dans la vie. Pour ces gens-là, être noir à la peau foncée, c'est comme  traîner une malédiction derrière soi ou avoir le diable dans la peau, et, hélas, c'est exactement ce que beaucoup de familles noires redoutent le plus pour leurs enfants, dans le livre et dans la réalité. Les stigmates identitaires et discriminatoires sont finalement bien  trop présents, encore aujourd'hui.

Toutefois, je reconnais qu'un certain message passe à travers la plume de Wallace Thurman : D'où vient les complexes des femmes noires face à leurs cheveux crépus, leur nez épatés et de leur peau ? Tout cela remonte  effectivement  au temps de l'esclavage.   A bon entendeur !



MA NOTE :

7 commentaires

  1. Effectivement, ce livre ne sera pas pour moi non plus. Merci pour ton avis.

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  2. Je pense que ce n'est absolument pas pour moi malheureusement...

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  3. Tiens ça me fait penser à ma belle-mère qui me dit souvent qu'elle est triste que ma fille ait hérité de son nez épaté... ben moi je l'adore le nez de ma fille et j'espère qu'elle ne va pas lui donner ce complexe !
    Voilà pour l'apparté.
    Sinon je passe mon tour pour cette lecture bien entendu ^^

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  4. C'est vraiment dommage parce que la première de couverture était vraiment sympa...

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  5. Le sujet avait l'air intéressant, mais d'après ton avis je pense que je passerai mon tour. Il doit sans doute exister d'autres moyens de dénoncer la discrimination dont ont été victime les noirs, des moyens autres qu'une femme complexées..
    Je trouve tellement cela dommage toute l'attention que l'on porte aujourd'hui ( mais depuis toujours aussi ) au physique... comme si tel ou tel physique valait mieux qu'un autre, m'enfin !

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  6. Bof, c'est sûr livre caricatural à souhait en plus d'une couverture moche (le dessin ressemble quand même au poupée "raciste")Je déteste çà qu'on représente une personne noire par un dessin souvent moche sur les couvertures des livres au lieu de mettre un jolie photo comme on fait pour les personnes à peau claire !

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